D.16 Inscriptions murales depuis les années 1980

L’abandon dans lequel les Galeries de Punta Begoña ont été laissées à partir des années 1980 a rendu possible les incursions non contrôlées et, avec elles, l’apparition de décorations murales plus ou moins éphémères qui font partie du Street art ou art urbain.

Ces graffitis, incisions et grattages constituent l’une des ressources pour l’interprétation des usages qui ont été faits de cette construction au cours de la période la plus récente. Il s’agit en outre des moyens d’expression d’une partie de la société, chargés d’informations et de sens, et qui font déjà partie de l’histoire du bâtiment. Ainsi, ils ont été étudiés, enregistrés et évalués avec la même rigueur que le reste des ensembles iconographiques que l’on retrouve sur les murs qui composent les galeries. Grâce à la lecture stratigraphique, nous avons identifié, enregistré et documenté l’iconographie la plus moderne dans les galeries ; nous avons également étudié l’iconographie et le cadre chronotypologique ; et formulé des hypothèses et des interprétations sur ces représentations graphiques. Cette méthode d’analyse dérive de l’application de l’archéologie stratigraphique à l’architecture et consiste en la décomposition de l’objet d’étude (notre ensemble iconographique) en différentes unités (chaque graffiti, incision ou grattage), dont la position relative permet d’établir une séquence de construction (dans ce cas la séquence d’exécution).

Nous avons recensé un total de 739 éléments réalisés entre 1981 et 2012. La concentration la plus importante de ce type de manifestations se trouve dans le salon et la galerie nord-ouest, ce qui est logique puisqu’il s’agit de deux espaces sans fermeture susceptible d’empêcher l’accès.

Ces inscriptions sur les murs n’ont aucune valeur artistique intrinsèque et ne nous informent pas non plus sur l’histoire des premières années de la vie du bâtiment. Nous sommes néanmoins convaincus de leur valeur pour comprendre la détérioration de l’ensemble après son abandon progressif, tout en illustrant certaines des préoccupations artistiques, politiques ou romantiques des dernières décennies. Ce travail de recherche nous a permis d’obtenir les impressions des habitants de Getxo et de nous sentir autorisés à procéder à leur suppression.

Exemple de concentration d’inscriptions artistiques urbaines sur l’un des bancs de la galerie nord-ouest, 2015. Source: projet de mise en valeur des Galeries Punta Begoña

Exemple des trois groupes d’inscriptions murales: graffiti (gauche), grattage (centre) et incision (droite), 2015. Source: projet de mise en valeur des Galeries Punta Begoña

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