C.13 Utilisations inattendues des galeries
Les murs du salon nous parlent et les traces qu’ils portent nous permettent de découvrir les souvenirs qu’ils conservent précieusement. Même si les galeries, à usage privé, ont été initialement associées à la personnalité d’Horacio Echevarrieta et à sa résidence de Punta Begoña, les événements historiques et sociaux qui se sont déroulés tout au long du XXe siècle les ont destinées à d’autres utilisations. Pourriez-vous imaginer qui a utilisé cet espace et dans quel but?
Pendant la guerre civile, lors des alertes aux bombardements, les enfants et les femmes des environs d’Atxekolandeta se cachaient derrière le mur où se trouve la cheminée, entre le salon et la falaise.
Pendant la guerre civile, le Gouvernement d’Euzkadi a conçu un réseau sanitaire militaire dans lequel la maison de Punta Begoña, ainsi que d’autres résidences de Getxo, a été utilisée comme hôpital de convalescence.
Avec la chute de Bilbao le 18 juillet 1937, le commandement italien s’installe à Punta Begoña. Il semblerait que le chef du Corpo Truppe Volontarie, le général Bastico (Doria), ait choisi le lieu pour y fixer sa résidence.
Le programme pictural qui orne les murs de cet espace renvoie à une réutilisation hâtive du salon postérieure à la création de l’institution d’assistance sociale, l’Auxilio Social. La symbolique et les personnages représentés ici évoquent l’outil de propagande que cette œuvre de charité est devenue avec la progression de la guerre. N’hésitez pas à en chercher quelques-uns, notamment le joug et les flèches de la FET y de las JONS (parti unique de l’Espagne franquiste), la Croix de Bourgogne, symbole des requetés (miliciens carlistes espagnols), les infirmières bénévoles de cette institution ou les trois combattants ébauchés : phalangiste, carliste et soldat.
Entre 1950 et 1970, les galeries ont été le terrain de jeu des petits-enfants d’Horacio Echevarrieta et de leurs amis. C’était l’endroit idéal pour jouer au tennis, faire des courses de vélo, organiser des festivals de musique et s’aventurer dans le tunnel obscur, lequel n’était autre que la falaise.
Avec la vente du domaine de Punta Begoña, le 22 mars 1976, selon les actes de vente, la détérioration des galeries s’est accélérée. Au cours des années 1980, de nombreuses maisons des alentours étaient abandonnées. En raison du pillage de ses matériaux de construction, beaucoup de ses éléments et une partie de ses décorations ont disparu.
Avant la conclusion de l’accord entre la Mairie de Getxo et l’UPV/EHU, des indices montrent que le salon et la galerie sud-ouest ont été utilisés par des sans-abri qui ont trouvé un refuge entre les murs et les faux plafonds.
Et enfin, nous voilà, ajoutant une autre pièce à l’histoire passionnante des Galeries Punta Begoña.
Pilule documentaire « Santé militaire »
Image d’une infirmière de l’hôpital de convalescence installé à Punta Begoña, appuyée sur la balustrade du jardin, 1937. Source : archives historiques du Pays basque (exp. C17/4)
Pour en savoir plus sur cette question, rendez-vous aux points suivants:
- A.2 DE LONGUES ANNÉES D'ABANDON
- A.4 LE SOIN APPORTÉ À LA RESTAURATION ET À LA MISE EN VALEUR
- A.5 UN PROCESSUS PARTICIPATIF AU SERVICE DE LA SOCIÉTÉ
- B.11 AU-DELÀ DE PUNTA BEGOÑA. UN REGARD SUR LE PAYSAGE
- D.16 Inscriptions murales depuis les années 1980
- E.3 Nettoyage des remplissages
- E.5 Nettoyage des encres des graffitis
- E.11 Déblaiement

