D.15 Les briques se transforment en poussière
Les briques utilisées dans les constructions modernes sont généralement faites d’argile mélangée à l’eau. La pâte obtenue est moulée, puis les briques sont séchées à l’air et cuites dans un four à haute température pour obtenir la brique finale. La cuisson donne lieu à une série de transformations qui dépendent de la composition initiale, de la température du four, du degré de réchauffement, du temps de cuisson et d’une série de réactions qui définissent la composition minéralogique et la microstructure de la brique, les caractéristiques les plus importantes pour préserver sa durabilité.
De nombreuses briques des galeries présentent des détériorations et des pertes de matériau, ce qui nous a conduits à analyser plusieurs échantillons.
Ces analyses effectuées par fluorescence par rayons X et diffraction des rayons X, nous ont révélé la présence de chlorure de sodium, ce qui confirme l’effet de l’aérosol marin sur la dégradation des briques. Nous avons également trouvé du sulfate de calcium, sous forme de plâtre, lequel est un composé de dégradation des les briques. Les zones les plus touchées par les sulfates sont celles de la galerie sud-ouest, où nous avons identifié du plâtre dans un nombre plus important d’échantillons analysés. Par ailleurs, nous avons constaté l’absence de silicates de calcium dans les briques, ce qui semble indiquer un degré avancé de détérioration, car il s’agit de composés originaux des briques.
L’argile ou le sable utilisé dans la fabrication des briques contient parfois des carbonates et/ou de la matière organique. Les carbonates originaux peuvent se décomposer en oxydes de calcium, qui à leur tour peuvent se transformer en hydroxydes de calcium, en raison de l’humidité atmosphérique, et subir un processus de carbonatation subséquent pour donner lieu à des carbonates de calcium. Le carbonate peut quant à lui réagir avec les sulfates transportés dans les eaux d’infiltration ou dans les SOx atmosphériques, pour donner lieu à de nouveaux sels sulfatés, beaucoup plus solubles que le carbonate original, entraînant la perte de matériau dans les briques.
De manière générale, on peu dire que l’atmosphère qui entoure les briques (aérosol marin, infiltrations, influence des SOx, dépôts de métaux, etc.) n’est pas la seule à exercer une influence sur l’état de conservation des briques des Galeries de Punta Begoña.. La présence élevée de carbonate de calcium détectée dans les briques est probablement due à la forte concentration de carbonates présents dans les argiles d’origine utilisées pour la fabrication des briques employées dans les galeries.
Exemple de météorisation de la brique dans la galerie nord-ouest, 2016. Source: projet de mise en valeur des Galeries Punta Begoña

